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Toulouse

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Mon expérience de garde à vue(cellule) en France : je ne m’y attendais absolument pas

Je suis salarié en France et j’étais en vacances avec des amis. Un soir, on est sortis faire un tour dans leur ville. À un moment, mon ami est entré dans une dispute avec quelqu’un et, très vite, ça s’est transformé en bagarre. Moi, sans vraiment réfléchir, je me suis jeté dans la bagarre. Quelqu’un a appelé la police et ils nous ont tous emmenés au commissariat. Ils ont pris la déposition de chacun de nous, puis ils nous ont dit qu’on avait droit à un seul appel pour prévenir quelqu’un de notre famille. J’ai appelé ma famille. J’avais déjà plus de 1 000 appels manqués, parce qu’on avait dû attendre environ 3 heures avant de pouvoir donner notre version des faits. Je leur ai dit : « Je sors dans 2 heures maximum et je vous appelle. » Je ne savais absolument pas que j’allais passer la nuit là-bas. Après nos dépositions, ils ont mis chacun de nous dans une cellule différente pour la garde à vue. Je ne comprenais toujours rien à ce qui se passait. J’étais complètement surpris. Moi, je pensais sortir dans quelques heures, alors j’ai commencé à leur dire : « Mais moi, je n’ai rien à voir dans cette histoire. Ce sont les autres qui se sont battus entre eux ! » Personne ne répondait vraiment. J’ai demandé au moins à pouvoir passer un autre appel pour prévenir ma famille que je ne rentrerais finalement que le lendemain. On m’a répondu : « Vous avez droit à un seul appel par 24 heures. » Putain… qu’est-ce que je fais ici ? Je suis entré dans la cellule vers 3 heures du matin. Ils m’ont dit que j’allais rester au moins 24 heures, le temps que le policier judiciaire arrive. C’est lui qui devait remplir notre dossier et l’envoyer au juge pour que celui-ci prenne une décision. La cellule était vide et sombre. Ils ont fermé la porte et je suis resté là, complètement perdu, en essayant de comprendre comment j’avais pu me retrouver dans cette situation. Ma famille était dans une autre ville, sans aucune nouvelle de moi. Je me suis dit qu’ils devaient être morts d’inquiétude. J’ai commencé à repenser à toute ma vie. J’ai presque fait la liste de tous les péchés que j’avais pu commettre et je me suis dit : « Plus jamais je ne veux me retrouver dans une situation pareille. » J’ai pensé à tous les prisonniers qui passent 20, 30 ans ou même plus en prison, et je me suis demandé comment ils pouvaient supporter ça. Vers 3 heures du matin, ils ont fait entrer un autre mec, arrêté avec 20 g de drogue. Au moins, je n’étais plus seul. Peu importe qui était avec moi, à ce moment-là, je voulais juste avoir quelqu’un dans la cellule. Le temps ne passait pas. Pas de téléphone, pas de télévision, rien. Juste le silence, l’obscurité et ton cerveau qui n’arrête pas d’inventer des scénarios : « Est-ce que je vais sortir demain ? Est-ce que je vais être emprisonné ? Et surtout, comment va ma famille ? Ils doivent être terrifiés. » On n’a pas dormi jusqu’à 8 heures du matin. J’ai commencé à demander à pouvoir passer un appel. Personne ne répondait. Ils ne répondaient que lorsque tu voulais aller aux toilettes : tu appuies sur un bouton et quelqu’un vient. À 9 heures, ils ont fait entrer un autre gars. Un vrai clochard, arrêté avec une voiture volée et de la drogue, avec ses amis. Je lui ai raconté ma situation et il m’a dit : « T’inquiète, tu vas sortir au plus tard à midi. » À 10 heures, ils m’ont appelé pour prendre mes empreintes, mon ADN et mes photos. À ce moment-là, je me suis vraiment demandé ce qui était en train de se passer. J’avais l’impression d’être traité comme si j’avais tué quelqu’un. Je suis retourné dans ma cellule et j’ai essayé de dormir pour faire passer le temps. Mais le temps ne passait jamais. Il était maintenant 11 heures et ma famille n’avait toujours aucune nouvelle de moi depuis la veille. Je suis devenu fou de colère. Je les appelais toutes les 30 minutes pour demander si je pouvais au moins prévenir ma famille. Finalement, ce n’est qu’à 17 heures que le policier judiciaire est arrivé pour faire mon dossier. Je lui ai raconté toute l’histoire. Il m’a dit qu’il allait envoyer le dossier au juge, mais qu’il était fort probable que je doive passer encore une nuit ici, le temps de faire les vérifications nécessaires. J’ai dit que c’était impossible. Je lui ai demandé au moins de me laisser passer un appel. Je devais absolument prévenir ma famille. Depuis la veille, ils ne savaient absolument rien de ce qui m’arrivait. On m’a encore dit qu’il fallait attendre la décision. J’ai attendu encore. À 18 heures, finalement, le juge a pris sa décision. Ils nous ont laissés sortir avec une amende de 800 €. Moralité de l’histoire: Ne rentrez jamais dans une bagarre, quelle que soit la situation. Vous êtes dans un pays qui n’est pas forcément le vôtre et, quoi qu’on en pense, une situation qui paraît banale peut très vite devenir quelque chose de beaucoup plus sérieux. Restez loin des problèmes, respectez les règles et surtout, connaissez vos droits. Parce que l’ignorance de ses droits peut rendre une situation encore plus difficile. Pour ma part, une chose est sûre : je ne me jetterai plus jamais dans une bagarre qui ne me concerne pas.

KeeperPublié le 19 septembre 2026Vécu en juillet 2026
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